Le millésime 1972

Dans tout l’Hexagone

Bonne année à Châteauneuf. Excellente à Cornas et à l’Hermitage. Pour la Bourgogne et le Bordelais, c’est millésime fut considéré plus ennuyeux que mauvais. Le climat ne fut guère propice. La récolte fut importante mais irrégulière car les raisins n’étaient généralement pas assez mûrs. L’avantage acquis grâce à un bourgeonnement précoce fut perdu par un été exceptionnellement frais et sec et un mois de septembre très chaud.

À Bordeaux

Le millésime 1972 a été marqué par des conditions météorologiques défavorables, qui ont rendu difficile la production de grands vins. À l’exception des très grands châteaux, la plupart des vins de ce millésime sont devenus difficiles à apprécier.

Le cycle de croissance de la vigne a commencé sous des conditions nuageuses et pluvieuses, retardant la floraison. Le mois de juillet a été caractérisé par des conditions nuageuses et fraîches, ce qui a posé des défis pour les raisins Merlot et Cabernet. Les grêlons au début d’août ont ajouté au stress des vignerons et ralenti le développement des raisins. Bien que le mois de septembre ait apporté un temps chaud et sec, il était trop tard pour rattraper le retard accumulé.

Les vins de ce millésime sont riches en acidité, ce qui leur permettra de conserver leur structure au fil du temps. Cependant, leur manque de volume, de fruit et de complexité les rendra difficiles à déguster après une vingtaine d’années. Globalement, le millésime 1972 n’a pas été une grande réussite. Cependant, les vins de Margaux se sont démarqués grâce à leurs sols légers qui ont favorisé une meilleure évacuation de l’eau et une absorption accrue de la chaleur. Des domaines tels que Château Giscours et Rausan-Ségla sont parmi les meilleurs vins rouges de Bordeaux de cette année. Les vins de Graves ont également eu un léger avantage, en particulier La Mission Haut-Brion, qui a montré plus de densité que ses pairs.

Pour les vins blancs, les conditions difficiles, froides et nuageuses n’ont pas permis la production de grands vins de garde.

  • Rouges rive gauche : faible
  • Rouges rive droite : faible
  • Blancs secs : faible
  • Blancs liquoreux : mauvais

En Bourgogne

Le millésime 1972 a été marqué par une sous-estimation injuste, principalement due à la réputation négative des vins de Bordeaux cette année-là. Cependant, en examinant de plus près les vins de Bourgogne, il est clair qu’ils ont offert une très bonne qualité. Contrairement à Bordeaux, où le millésime était de mauvaise qualité, les vins rouges de Bourgogne se sont avérés être une agréable surprise au cours des deux dernières décennies.

L’été de 1972 a été relativement frais et manquait de soleil, mais il n’a pas connu de fortes pluies. Cela a initialement empêché les raisins d’atteindre la maturité souhaitée. Cependant, une vague de chaleur en septembre a permis aux raisins de rattraper leur retard, résultant en des raisins mûrs, avec une forte acidité et une belle concentration. Initialement, les vins de 1972 étaient difficiles à apprécier, surtout après l’année flatteuse de 1971. Mais avec le temps, ces vins ont évolué de manière homogène pour devenir d’une très grande qualité. Il est actuellement difficile, voire impossible, de trouver des vins de Bourgogne de ce millésime, sauf peut-être aux enchères. Dans ce cas, il vaut la peine de les rechercher, car vous pourriez faire de belles découvertes.

Cependant, cette évaluation flatteuse ne s’applique malheureusement qu’aux vins rouges. Les vins blancs du Tonnerrois n’ont pas atteint la maturité nécessaire pour produire des vins blancs de grande qualité. Dans la Côte d’Or plus au sud, les vins blancs ont été fortement chaptalisés, donnant des vins qui semblent sucrés, épais et déséquilibrés.

  • Rouges : moyen
  • Blancs : bon