1982

Dans tout l’Hexagone

« L’année sans problèmes ni accidents ». Grand millésime à Bordeaux aux proportions imposantes. Après un printemps sec et doux, sans gel, la floraison eut lieu très tôt et dans excellentes conditions. Juillet fut chaud. Grâce au climat chaud de la fin septembre, la richesse en sucre des vendanges surmûries fut exceptionnelle.  Cependant, comme en 1959, le travail de vinification fut compliqué par des températures élevées. Désormais grâce aux progrès techniques, il était possible de prendre des mesures plus efficaces pour protéger le moût contre l’oxydation. En Bourgogne le printemps est clément, la sortie de raisin est abondante, la fleur passe rapidement sans coulure ni millerandage. L’été fut chaud. Heureusement la vendange put alors se faire à très belle maturité, à partir du 16 septembre pour la Côte de Beaune, su 18 septembre pour la Côte de Nuits, en excellent état sanitaire, mais avec trop de grappes. Chaleur accablante durant tout l’été pour le Rhône. Ce temps se prolongea durant les vendanges et rendit difficile le contrôle des fermentations, sauf dans les caves les plus modernes. Important millésime dans toutes les acceptions du terme en Champagne. Les raisins étaient parfaitement mûrs en septembre, et finirent de gonfler grâce aux quelques pluies du milieu du mois. Elles eurent pour conséquence la plus grande récolte de tous le temps, trois fois la taille de 1981. Ce fut une année bénie en Beaujolais, les conditions de récolte furent exceptionnellement favorables.

À Bordeaux

L’anecdote de 1982 : Le millésime 1982 a marqué un tournant majeur pour l’expertise des vins, notamment grâce à Robert Parker, avocat devenu critique vinicole, qui commença à noter les vins sur 100 points à partir du millésime 1978. Son influence contribua à la reconnaissance internationale des vins français et en particulier des vins de Bordeaux. Parmi d’autres critiques, Michel Bettane annonça également que le millésime 1982 serait l’un des plus grands jamais produits à Bordeaux, rivalisant avec le légendaire millésime 1929.

Le millésime 1982 est emblématique pour les vignobles bordelais, car il a offert un cycle de croissance quasiment parfait, une rareté. Le printemps sec et doux évita les gelées. La floraison en juin se déroula idéalement. Juillet fut ensoleillé, tandis qu’août apporta des pluies bienvenues pour le gonflement des raisins. L’été ensoleillé et les trois semaines de chaleur fin septembre concentrèrent davantage les raisins. Les conditions pour les vendanges étaient optimales. Ce millésime se caractérise par un équilibre remarquable entre maturité, sucre et potentiel alcoolique des raisins, le tout en abondance. Les vignes étaient en excellente santé, au point où il fut difficile de produire un second vin compte tenu de la qualité exceptionnelle. C’était un rêve ! Chaque château a réussi à créer un vin charmeur reflétant son terroir. Initialement perçu comme trop fruité et souple lors des premières dégustations, l’élevage a révélé des vins puissants, équilibrés et plaisants. Une véritable joie à déguster !

Au sein du vignoble bordelais, certaines appellations se sont particulièrement distinguées. Celles au nord du Médoc, telles que Saint-Estèphe, Pauillac et Saint-Julien, ainsi que les appellations de la rive droite comme Pomerol et Saint-Émilion. Les vins de Graves et de Margaux, bien que de grande qualité, étaient un peu plus accessibles et moins concentrés en raison de sols légers affectés par la sécheresse de septembre. Malheureusement, des pluies importantes en fin de vendanges ont enlevé le botrytis des vins doux, les diluant. Le millésime 1982 n’est donc pas particulièrement favorable aux vins liquoreux, bien que certains, comme Yquem, aient réussi à produire des jus complexes malgré le manque de botrytis. Bien que les vins rouges du nord du Médoc aient évolué lentement, ils sont probablement à leur apogée, sans être forcément sur le déclin. Il est important de vérifier l’état de la bouteille et le niveau de remplissage pour déterminer le moment optimal pour la dégustation.

  • Rouges rive gauche : exceptionnel
  • Rouges rive droite : exceptionnel
  • Blancs secs : très grand
  • Blancs liquoreux : très bon

En Bourgogne

C’est une tout autre histoire pour les viticulteurs bourguignons, dont les espoirs de grands millésimes ont été altérés par un mois de septembre pluvieux. Le printemps en Bourgogne fut chaud, sec et précoce, avec une floraison de grande qualité en mai, annonçant une récolte abondante. Les mois de juin et juillet, marqués par une météo chaude, favorisaient le développement de la vigne, tandis qu’août était extrêmement chaud, présageant une récolte exceptionnelle. Cependant, la pluie est venue perturber la véraison (maturation du raisin) en diluant et gonflant les raisins. Une récolte déjà abondante s’est transformée en une récolte record, avec des volumes très élevés. Sur le plan gustatif, la qualité en a souffert. Bien que certains domaines aient réussi à extraire des jus plus concentrés, la plupart des Pinot Noir sont légers et peu complexes.

Les vins blancs de Bourgogne de 1982 s’en sortent légèrement mieux, bien que toutes les appellations n’aient pas eu la même chance. Le vignoble de Chablis a subi les conséquences d’un été généreux en volume, où la concentration a été sacrifiée. Seuls les domaines ayant limité leur rendement ont réussi cette année-là. Le domaine Raveneau se distingue, avec des Chablis qui ont conservé une belle concentration pendant quelques années supplémentaires. Dans l’ensemble, les blancs de la Côte de Beaune ont bien réussi, offrant des vins matures, fins et concentrés. Les domaines Leroy, Ramonet et Jadot sont particulièrement remarquables pour ce millésime. En conclusion, qu’ils soient blancs ou rouges, les vins de Bourgogne de ce millésime doivent déjà être consommés. Pour ceux encore en bouteille, une grande précaution et une solution de remplacement sont recommandées, car les vins ont probablement perdu en vigueur.

  • Rouges : bon
  • Blancs : très bon

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