1983

Dans tout l’Hexagone

« Le millésime de l’été indien », la nature fut généreuse. De la Champagne à la Vallée du Rhône et de l’Alsace au Bordelais, l’été opéra un véritable miracle. En Bordelais, le début de cycle fut normal. Après un hiver doux en décembre et plus rigoureux de fin janvier à mi-février, le printemps fut moyennement chaud, mais très humide. Juillet et août furent chauds, entrecoupés d’orages. Les vendanges commencèrent au début du mois d’octobre. En Bourgogne, le premier trimestre de la période végétative connut des températures moyennes voisines de la normale mais avec de fortes variations, notamment à Chablis. Juin et juillet furent chauds et secs et un temps morne s’étala entre la fin du mois d’août jusqu’à la mi-septembre. Les vendanges se passent dans des conditions mitigées. L’évolution fut similaire en Champagne, fin mai les serments ne dépassent guère les 12cm. Mais l’espoir revint début juin grâce à une rapide augmentation des températures qui permit la végétation de rattraper le retard. L’une des grandes gagnantes de l’année fut l’Alsace.

À Bordeaux

Le millésime 1983 en Bordeaux réserve des surprises. Initialement prometteur, ce millésime a connu des défis météorologiques. Après une floraison réussie en juin, la chaleur intense et l’humidité extrême d’août ont favorisé le développement du mildiou dans les vignes, suscitant des inquiétudes chez les vignerons. Cependant, une transformation climatique s’est produite : septembre et octobre ont été chauds et secs, permettant aux raisins récoltés tardivement d’atteindre leur maturité optimale. Les sols bien drainés de Margaux ont préservé leurs vins des pluies d’août, et les merlots de Saint-Émilion ont également brillé en offrant une concentration remarquable. Les vins de Pauillac, comme Mouton Rothschild 1983 et Lafite Rothschild, se sont avérés fantastiques, de même que Haut-Brion 1983 à Pessac-Léognan et Léoville Poyferré à Saint-Julien. Les vins blancs de Pessac-Léognan, bien que intéressants, sont plus adaptés à une dégustation actuelle. Quant à eux, les vins blancs doux tels que les Sauternes se sont avérés merveilleux grâce au développement du botrytis à la fin d’octobre.

  • Rouges rive gauche : très grand
  • Rouges rive droite : très grand
  • Blancs secs : grand
  • Blancs liquoreux : très grand

En Bourgogne

Écrire sur le millésime 1983 n’est pas une tâche enviable. Du point de vue climatique, ce millésime est relativement simple à expliquer, mais il devient compliqué sur le plan gustatif.

Tout comme à Bordeaux, le mois de juin a été favorable avec un temps clément, assurant une floraison de qualité. Cependant, les problèmes ont commencé en juillet avec l’apparition de grêle, causant des pertes importantes dans les vignobles et réduisant la production. La combinaison de chaleur et de grêle a encouragé la propagation de maladies et de pourriture. Les mois d’août, caractérisés par des pluies et des températures élevées, ont accentué les défis. La période suivante s’est améliorée, avec des mois de septembre et d’octobre favorables permettant aux raisins d’atteindre une bonne maturité. Les raisins Pinot et Chardonnay ont réussi à obtenir le taux de sucre requis pour produire des jus de qualité. Cependant, les difficultés climatiques précédentes ont rendu le travail des vignerons plus ardu. Les attaques climatiques ont entraîné le développement d’une peau plus épaisse sur les raisins pour se défendre, mais cette peau s’est aussi formée avec la pourriture. Les vignerons ont dû jongler entre le temps de contact du jus avec la peau pour obtenir des tanins équilibrés, tout en évitant de laisser le goût de moisi s’installer. Ainsi, le millésime 1983 a été complexe pour les vignerons, avec de nombreux défis à surmonter.

  • Rouges : très bon
  • Blancs : grand

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