1987

Dans tout l’Hexagone

Le Millésime 1987 est contrastée en Bordelais : l’hiver fut long et froid, le printemps aussi. Il fut suivi par une floraison catastrophique qui se traîna tout au long d’un mois de juin froid et humide. Juillet et août furent mitigés, essentiellement frais et peu ensoleillés et, enfin, septembre fut exceptionnellement chaud. En bourgogne, pas mauvais du tout ce millésime. Le bourgeonnement eut lieu assez tôt mais des fortes pluies en mai et en juin et un temps exceptionnellement froid au moment de la floraison causèrent des dégâts. Après un été variable, le temps fut très chaud au début du mois de septembre, ce qui permit à cette petite récolte de mûrir raisonnablement. Les vendanges se firent tardivement, débutant autour du 5 octobre, sous un beau soleil. La Vallée du Rhône eut les plus tristes conditions climatiques de la décennie. En Champagne, du 8 au 22 il y eut un été indien très chaud et humide. Des vignerons commencèrent à vendanger le 28 septembre, d’autres attendirent jusqu’au 10 octobre.

À Bordeaux

Le millésime 1987 mérite d’être goûté et est souvent sous-estimé malgré les efforts de certaines propriétés. Les vignerons ont eu une série de malchances. Les aléas climatiques qui perturbent parfois la croissance de la vigne ont été dépassés cette fois, mais le désastre est survenu juste avant les vendanges, lors de la phase finale. Le début était prometteur, avec un avril idéal pour le développement végétatif. Mai et juin ont confirmé cette promesse, avec une floraison de grande qualité. La véraison s’est déroulée sans encombre, annonçant une abondante récolte. Juillet et août ont également été excellents, offrant du soleil, de la chaleur modérée et des pluies bienvenues. Alors que septembre touchait à sa fin, beaucoup de Merlots étaient mûrs et prêts à être cueillis, de même que certains Cabernets Sauvignons. Cependant, une période pluvieuse durant les quinze premiers jours d’octobre a tout gâché. Les raisins pas encore arrivés à maturité ont été affectés par la pluie et le mildiou. Bien que certains domaines aient pu récolter plus tôt pour échapper à la catastrophe, la plupart ont été contraints de récolter des raisins imparfaits. La consolation pour les Bordelais réside dans les années précédentes, abondantes et réussies, qui leur ont permis de trier sévèrement les raisins attaqués par la maladie et d’éviter le goût de “pourri” dans le vin.

Ce millésime, lorsqu’il est bien géré, offre des résultats intéressants à la dégustation. Bien que les vins soient plus doux, plus arrondis et charmeurs, ils conservent une souplesse et une accessibilité qui les rendent attrayants rapidement. Les régions de la rive droite comme Saint-Émilion ou Pomerol se sont généralement mieux comportées, mais chaque appellation a ses domaines phares sur ce millésime.

Rouges rive gauche : moyen
Rouges rive droite : moyen
Blancs secs : faible
Blancs liquoreux : bon

En Bourgogne

L’histoire semble se répéter, cette fois dans le vignoble de Bourgogne. Malgré une pilule plus facile à avaler pour les Bourguignons que pour les Bordelais, le millésime 1987 aurait pu être excellent. Le cycle de croissance de la vigne a bien commencé en avril, avec une floraison homogène. Les mois de mai et juin ont été sans soucis, annonçant un été ensoleillé. Juillet et août ont apporté des chaleurs intenses, favorisant la maturation des Pinots Noirs et Chardonnays. Cependant, de fortes pluies sont venues perturber la situation, tombant peu avant et pendant les vendanges, altérant le travail de toute la saison. De nombreux critiques ont alors rapidement conclu que le millésime 1987 était perdu, les raisins étant gorgés d’eau. Cependant, la réalité est différente : les raisins avaient atteint leur maturité grâce à l’été superbe, avant les pluies. Ainsi, les domaines ayant trié soigneusement ou récolté au moment opportun n’ont pas subi les mêmes problèmes que ceux qui ont ramassé sous la pluie. Par conséquent, les vins de 1987 ne sont pas si mal. Bien qu’ils soient un peu plus souples que les grands millésimes, la présence d’acidité et la qualité du fruit offrent du plaisir aux dégustateurs.

L’histoire se répète également pour les vins blancs, qui n’ont pas échappé aux pluies. Les vendanges ont été compliquées, conduisant à des raisins relativement dilués et à des blancs légers avec peu de corps qui ont été vinifiés.

Rouges : moyen
Blancs : moyen

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